Quand le ciel n'est pas encombré de nuages, le ciel nocturne d'Aubenton devient celui d'un véritable planétarium :

en effet, sauf circonstances particulières, l'éclairage public cesse chaque soir à 22:00 pour ne reprendre, s'il y a lieu, que le matin à 06:00. Et aucune pollution nocturne d'une ville proche ou de champs éoliens ne vient gâcher le spectacle.

Un régal donc pour les astronomes amateurs, en toute saison. Il faut le devenir ! Dans cette rubrique qu'on s'efforcera de tenir à jour, quelques points d'information...

Pendant cette année 2020 : JUPITER est particulièrement visible. Elle tourne comme nous autour du Soleil, mais le fait en presque 12 ans (la Terre fait 12 révolutions autour du Soleil pendant que Jupiter n'en fait qu'une). Elle est 300 fois plus massive que la Terre (mais 1000 fois moins que le Soleil).

La Terre, comparée à Jupiter        Photomontage NASA

Ce 14 juillet 2020, le Soleil, la Terre et Jupiter seront sensiblement alignés, la Terre à 150 millions de km du Soleil, Jupiter à 870 millions de km du Soleil, donc à "seulement" 720 millions de km de nous. Un phénomène dit "d'opposition" (par rapport à la Terre) qui n'a rien d'extraordinaire : il se produit tous les ans, mais en se décalant d'une année à l'autre, comme on peut le voir sur le tableau ci-dessous. Résultat : c'est cette année le 14 juillet à 07:58 (heure solaire vraie donc à environ 10:06 heure légale) que Jupiter sera pile en opposition mais rassurons-nous : on la verra très bien, en fait, pendant presque toute la durée des nuits d'été.

             

 

S'il est possible de l'observer avec une lunette ou un petit télescope, on assistera nuit après nuit (ou en quelques heures au cours d'une même nuit) au ballet des 4 satellites principaux de Jupiter, observés pour la première fois par Galilée en 1610 et baptisés par lui : Io, Europe, Ganymède et Callisto. On les verra mille fois moins bien que sur des photos NASA... mais "en direct" depuis Aubenton ! Les satellites tournent, comme notre Lune, autour de la planète centrale mais dans un même plan : on a donc l'impression qu'ils ont un mouvement rectiligne alternatif. Vous pouvez les voir même en plein jour (mais de façon simulée) en vous rendant sur le site "shallowsky" : ils apparaissent alors dans leur position actuelle, mais vous pouvez passer d'heure en heure, ou de jour en jour etc. pour suivre leurs évolutions... comme l'a fait Galilée avec sa lunette astronomique. N'oubliez pas de revenir sur le site d'Aubenton après ce voyage "dans les étoiles".

 

La station spatiale internationale ISS, dans laquelle Thomas Pesquet rêve de retourner, nous survole assez souvent. Elle peut mettre 4 à 6 minutes pour balayer le ciel nocturne. Un spectacle à ne pas manquer, en imaginant la vie des spationautes qui, à 400 km d'altitude, nous observent et nous saluent (ou font tout autre chose...) pendant qu'on les applaudit d'en bas... L'ISS est remarquablement brillante, largement autant que Vénus, étant, comme elle, éclairée par le soleil. Mais étant "très proche" de la Terre, on ne peut la voir que soit en début soit en fin de nuit, quand le soleil est déjà couché pour nous mais éclaire encore un objet situé en altitude. Les planètes n'ont pas ce souci : elles ne se retrouvent jamais dans une situation de parfait alignement avec la Terre et le Soleil et sont tellement éloignées qu'elles sont toujours éclairées par le soleil... de jour comme de nuit. Mais de jour, leur éclat est complètement masqué par celui du ciel ambiant, notre atmosphère...

ISS2 mini 

L'ISS met environ 90 minutes pour une rotation complète autour de la Terre, soit 42 500 km (du fait de son altitude) ce qui fait quand même plus de 470 km à la minute !

Autrement dit, quand on est ravi de l'apercevoir soudain (en général venant de l'Ouest), elle est encore à plus de 800 ou 1000 km de nous, parfois encore au-dessus de l'Atlantique, et quand elle disparaît tout aussi soudainement, elle est déjà bien avancée au-delà des frontières allemandes (si c'est vers l'Est).

 

Prochains passages visibles depuis Aubenton : 

Le tableau fourni par la Nasa indique, sur 5 colonnes : les jours et heures de passage / la durée de visibilité / la hauteur angulaire maximum (à mi-chemin) / la hauteur angulaire au moment de l'apparition et la direction (W = Ouest) / la hauteur angulaire au moment de la disparition et la direction au moment de la disparition.

Il faut privilégier les passages "longs" (au moins 4 minutes).

Pour un angle maximum de 50°, on a déjà l'impression que l'ISS est pratiquement à la verticale, alors le dimance 19 juillet, pour le passage de 22:39, à 87°, il faudra ménager vos vertèbres cervicales... ou s'allonger pour observer : un très beau passage ! Idem le lundi 27 juillet à 22:45.

 

ISSfin juillet2020